Tinlot, histoire locale. Des paroisses aux communes dans l'Entité de Tinlot. (04/04/2021)

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Les communes de Tinlot.
Rendre au "peuple" sa souveraineté en le libérant de l'absolutisme royal et du contrôle permanent de l'Eglise. En finir avec les paroisses et les prêtres qui manipulent les individus et gouvernent la société !

Un programme mobilisateur qui devait révolutionner les institutions. On laïcisa donc les communautés de paroissiens pour en faire des communautés de citoyens, qu'on appellera communes.

Ces cellules territoriales éliront un chef, un maire, pour remplacer le curé. Et de même que ce dernier était aux ordres de son évêque, le maire appliquera les directives du préfet. Ce régime, inédit et imposé, ne jouit pas de l'adhésion de la population, révoltée par la liquidation de sa religion. De plus, après l'annexion en 1795, la République aux abois chercha à renflouer ses caisses vides en rafflant les objets du culte et en vendant les biens religieux (Tillesse, Seny).

La France était en guerre avec presque toute l'Europe :il fallait des sous pour acheter des canons, mais aussi des chevaux, qu'on réquisitionnait dans nos fermes, et surtout des soldats.
Sans moyens pour engager des mercenaires, la République inventa la conscription: tous les jeunes de 20 ans devaient servir la patrie (française) pour un terme de 5 ans au moins. En 1796, on chargea les maires de confisquer les registres paroissiaux pour créer un état civil et établir la levée de leur commune.
On fit la chasse aux curés insoumis (les réfractaires) qui excitaient la population : ils furent déchus et condamnés (J.H. Hastir à Ramelot), voire déportés (R.B. Hennin à Seny).
Le climat anti-français était à son paroxysme, d'autant plus que l'effort de guerre écrasait la population.

Arrivé au pouvoir en 1799 grâce aux modérés, Napoléon para au plus urgent : faire la paix avec le pape; ce fut le Concordat en 1801 qui restaura la liberté de culte dans nos villages. Mais ce qui avait été enlevé aux paroisses et transféré aux communes le resta : l'état civil, la fiscalité, mais aussi l'assistance aux pauvres et l'enseignement. La commune devint la division territoriale de référence sous la direction d'un maire choisi parmi des notables par le Préfet. Le maire était donc un relais, un agent du pouvoir central; on comprend qu'il était bien seul et qu'il limitait sa tâche à quelques domaines : administration (délimitation des communes, cadastre et fisc; état civil et conscription) et maintien de l'ordre. La commune française fut donc incapable d'assurer l'enseignement, l'assistance aux pauvres et les travaux publics; des chantiers qui ne débuteront qu'après l'indépendance de la Belgique.

Ces 25 années françaises marquèrent la fin d'une époque de repli communautaire et d'immobilisme imposés par l'autorité religieuse et la tradition. Les structures de notre société laïque et démocratique résultent de l'évolution et du perfectionnement du système politique et administratif bâti sur les ruines des paroisses et perennisé par Napoléon. Un observateur de la vie communale actuelle ne doit-il pas constater maintes fois que si nous avons amélioré l'héritage, il est encore bien reconnaissable ?

L'article complet sur tinlot.be/Loisirs/à la découverte de Tinlot. A télécharger ici.

L. Pauquay 2021  (Source Tinlot 4 Saisons)

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