Original: des œuvres d’art dans le cimetière de Grand-Marchin (08/12/2020)

B9725375732Z.1_20201127211028_000+GRNH4VBM0.1-0.jpg

Depuis le 25 octobre, le cimetière de Grand-Marchin a intégré onze œuvres d’artistes posant la question de notre relation à l’espace funéraire.
À l’initiative de ce projet intitulé « A la vie à la mort », deux artistes sculpteurs, Luc Navet et Jean-Philippe Tromme, en collaboration avec la commune de Marchin et le centre culturel.
Cette intervention artistique inédite a été inspirée de celle de Jacky Legge, pratiquée depuis une vingtaine d’années dans le Tournaisis et à laquelle Luc Navet a déjà participé.
Pour ce dernier, « les cimetières sont des lieux chargés en émotion pour les personnes qui les fréquentent. Ils sont des symboles de perte, de douleur ou d’apaisement. Les investir avec des œuvres d’art actuelles permet de leur donner vie en quelque sorte. »

S’interroger
Comme le rappelle le Marchinois, les œuvres d’art sont habituellement exposées dans des galeries aseptisées et destinées à un public initié. « Au cimetière, elles rencontrent des citoyens qui ne sont pas forcement intéressés par l’art mais qui sont amenés à s’interroger, à avoir une réflexion sur la mort en découvrant les sculptures qui y sont intégrées. »
Emmanuel d'Autreppe, responsable des arts plastiques au centre culturel de Marchin, ajoute que « la présence d’œuvres d’art invite les citoyens à envisager l’évolution de notre rapport aux espaces funéraires dans notre société, à la place de la mort en son sein. Elle évoque aussi l’entretien, l’aménagement, la réaffectation et la réhabilitation des cimetières, dans la relation qu’entretiennent les habitants avec cet espace commun, ce lieu public. »

DES SCULPTURES ÉCLECTIQUES
Parmi les artistes séduits par ce projet ambitieux, on retrouve Jean-Pierre Husquinet, Jacques Patris ou encore Emilia Bellon.
L’artiste Liégeois Jean-Pierre Husquinet a semé un peu partout dans le cimetière une multitude de citations d’auteurs célèbres, d’anonymes ou de son propre cru donnant à méditer.

B9725375732Z.1_20201127211028_000+GRNH4VCHG.1-0.jpg

Une citation mise en avant par Jean-Pierre Husquinet. - NB

Une fenêtre à la place d’une stèle
Jacques Patris a, quant à lui, installé une fenêtre prenant la place d’une ancienne stèle disparue. « Les photos qu’il a imprimées sur du Plexiglas ont été prises dans le cimetière. Elles s’inscrivent dans le paysage à l’arrière-plan, mais sont vouées elles aussi à l’effacement », révèle Emmanuel d'Autreppe.

Enfin, Emilia Bellon fait référence à sa culture mexicaine et à son histoire familiale. « L’artiste a dressé une table pouvant représenter celle du défunt, la nôtre, ou les deux », souligne le responsable des arts plastiques. En effet, partager le repas le dimanche est de tradition au Mexique, où la mort est vécue de façon totalement différente de chez nous, comme un passage vers autre chose, et non comme une fin dramatique. « Dans cette installation poétique, légère et minérale, la pierre calcaire domine avec sa teinte grisâtre et le blanc éclatant surprend », conclut Emmanuel d'Autreppe.

L’opération artistique ambitionne de se pérenniser et de s’étendre à d’autres cimetières, dont Clavier et Modave.

03:00 | Lien permanent | Commentaires (0)